mercredi, décembre 12

SNCF TGV lance une nouvelle marque : TGV devient InOui !

Le week-end, le premier train à grande vitesse français sous le nom d’InOui traversera le pays. Le terme TGV est obsolète. Les Français réagissent avec moquerie et critique. Pour certains Français, cela ressemblait à une mauvaise blague au début. La SNCF a donné un nouveau nom à certaines de ses liaisons TGV : « InOui » – et le pays se frottait les yeux.

Après tout, le TGV est une icône nationale : une vitrine de l’innovation et de la modernité à la française. Un utilisateur de Twitter a écrit que le changement de nom était comme si Nintendo changeait le titre de sa célèbre série Super Mario en Robert.

Les premiers trains TGV sous la marque InOui traverseront le pays ce week-end. D’abord sur la ligne Paris-Bordeaux, où une nouvelle ligne à grande vitesse sera inaugurée le samedi, réduisant le temps de trajet du dimanche à un peu plus de deux heures.

Le nom est un jeu de mots : « Oui » signifie oui en français, « inouï » signifie sans précédent, extraordinaire, outrageux. La marque est destinée à exprimer une nouvelle promesse de service et à distinguer clairement l’offre low-cost de la SNCF. Tout cela fait partie d’un plan visant à concurrencer les compagnies aériennes à bas prix et les autobus longue distance récemment enregistrés.

Mais lorsque le déménagement s’est fait connaître fin mai, la SNCF a reçu beaucoup de moqueries. On a eu l’impression qu’elle abandonnait la marque de renommée internationale TGV. Un chroniqueur radio reprend le son de la nouvelle marque « InOui » et rebaptisé Guillaume Pepy « Monsieur Pépoui », patron de la SNCF. « Nous te pardonnons. Mais remontez sur le TGV. Je te ramène chez toi. »

 

« OuiGo » est la marque bon marché

La compagnie de chemin de fer essaie de dissiper les inquiétudes. « Le TGV reste TGV « , assure Rachel Picard, responsable de la business unit SNCF Voyages et donc responsable des trains à grande vitesse. « Le TGV est le matériel, le TGV reste le nom du train », a-t-elle dit à l’agence de presse allemande, « ils continueront à dire’je suis sur le TGV' ». Du point de vue du Groupe, le plus important est de bien différencier les différentes offres.

Contrairement à la Deutsche Bahn, la SNCF a créé il y a quelques années sa propre marque à bas prix dans le trafic à grande vitesse : Sous le nom de « OuiGo », il envoie des trains TGV bleu clair à travers le pays – avec plus de sièges, moins d’espace de rangement, pas de bar. Les billets commencent à dix euros, au lieu de la capitale Paris elle-même, les trains s’arrêtent dans les gares des environs.

« OuiGo est un contrat clair avec le client : l’essence de la grande vitesse « , explique M. Picard. Un passager sur deux de la marque à bas prix est nouveau sur le TGV, une « arme pour conquérir le marché ». Cinq millions de personnes ont profité de l’offre l’année dernière et leur nombre devrait presque quintupler d’ici 2020.

En outre, les liaisons TGV classiques n’ont jusqu’à présent pas eu de nom, affirme Picard. Cela devrait maintenant changer – et s’accompagner d’un meilleur service. Les trains « InOui » doivent être neufs ou modernisés, équipés de WLAN. Le personnel de formation devrait être formé pour mieux traiter avec les clients.

Toutes les liaisons TGV classiques doivent devenir « InOui » d’ici 2020, et la SNCF investit 2,5 milliards d’euros. « Vous ne vous contentez plus de prendre le TGV, vous choisissez le service que vous voulez », explique M. Picard. « C’est la grande chance qu’on veut. »

 

Figaro : TGV est « vache sacrée »

L’objectif de la SNCF est d’augmenter le nombre de passagers de ses TGV de 15 millions à 120 millions d’ici 2020. Pour le Groupe, l’objectif ultime est également d’assurer la rentabilité – malgré les économies de coûts, la marge de l’activité TGV a récemment chuté. La raison invoquée par Picard est une forte augmentation des redevances de route.

Jean-Marc Lehu, expert en marques à l’Université de Panthéon-Sorbonne, choisit des mots clairs : il considère le nouveau nom comme une « véritable erreur de marketing » – la marque TGV est même connue dans le monde anglophone. Et le mot « inouï » a un double sens en français – quelque chose peut aussi être négatif « sans précédent ». Il voit déjà les jeux de mots à la prochaine grande grève. La SNCF assure cependant que le nom « InOui » a été le mieux reçu dans les tests.

Le TGV est une « vache sacrée », écrit le journal « Le Figaro », « une idole que vous aimez et que vous aimez haïr, un concentré de notre fierté nationale et de nos frustrations nationales ».

La SNCF peut aussi avoir une vision positive du débat sur le nouveau nom : « Ce qui est certain, c’est que c’est ce qui l’a rendu célèbre », dit Rachel Picard. Peu de temps après que la nouvelle marque s’est fait connaître, elle avait déjà atteint un niveau de notoriété de 53 %, « pour une marque pour laquelle nous n’avions pas dépensé d’euros en publicité ». Le journal « Le Monde » parlait déjà d’un lancement de marque « à la fois silencieux et réussi ».