Le numéro 1 mondial de l’automobile se mesure au nombre de véhicules vendus sur une année civile. Depuis six années consécutives, c’est le groupe Toyota qui occupe cette première place, avec environ 11,3 millions de véhicules écoulés en 2025. Loin devant Volkswagen, resté sous la barre des 9 millions d’unités, le constructeur japonais consolide un écart qui ne cesse de se creuser.
Pourquoi le classement mondial automobile repose sur les volumes de ventes
Comparer des constructeurs automobiles suppose de s’entendre sur un critère. Le chiffre d’affaires, la capitalisation boursière et le nombre de véhicules vendus donnent trois classements différents. L’industrie retient historiquement les volumes de ventes annuels, parce qu’ils reflètent à la fois la capacité industrielle et l’acceptation par les marchés.
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Un groupe comme Toyota intègre plusieurs marques : Toyota, Lexus, Daihatsu et Hino. Volkswagen réunit de son côté une dizaine d’enseignes, d’Audi à Porsche en passant par Škoda. Comparer les groupes plutôt que les marques individuelles permet de mesurer la puissance réelle de chaque entité.
En 2024, Toyota avait commercialisé 10,8 millions de véhicules, en recul de 3,7 % sur un an. Volkswagen affichait un peu plus de 9 millions d’unités, en baisse de 2,3 %. Le coréen Hyundai-Kia complétait le podium avec 7,2 millions de ventes. Un an plus tard, Toyota a inversé la tendance avec une progression d’environ 4,6 %, portant ses ventes à quelque 11,3 millions de véhicules.
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Toyota numéro 1 mondial : le rôle décisif de la motorisation hybride
La domination de Toyota ne repose pas sur l’électrique à batterie. C’est un point que le classement brut ne montre pas. Environ 42 % des ventes mondiales Toyota et Lexus en 2025 sont des hybrides, tandis que les modèles 100 % électriques ne représentent qu’à peine 1,9 % du total.
Cette stratégie hybride permet au groupe de vendre massivement dans des régions où les infrastructures de recharge restent limitées. Elle répond aussi à une clientèle qui cherche une consommation réduite sans les contraintes d’autonomie d’un véhicule électrique pur.
Le Toyota Production System comme socle industriel
Derrière les chiffres de ventes, la compétitivité de Toyota repose sur une organisation industrielle spécifique, le Toyota Production System (TPS). Cette méthode de production vise à éliminer les gaspillages à chaque étape de la fabrication. Elle permet de maintenir des coûts bas tout en garantissant une régularité de qualité sur des millions d’unités par an.
Le résultat concret : Toyota peut proposer des véhicules fiables à des prix accessibles sur la plupart des marchés, de l’Asie du Sud-Est à l’Amérique du Nord. Cette combinaison prix-fiabilité explique la fidélité de sa base client mieux que n’importe quel argument marketing.
Volkswagen et Hyundai-Kia : les challengers du constructeur automobile japonais
Volkswagen reste le deuxième groupe mondial, mais l’écart avec Toyota se creuse. Le groupe allemand a subi plusieurs pressions simultanées :
- Un recul sur le marché chinois, où les constructeurs locaux comme BYD, Geely et Changan mènent une guerre des prix agressive sur le segment électrique
- Des coûts de restructuration liés à la transition vers l’électrique dans ses usines européennes
- Une gamme très large (plus de dix marques) qui génère des complexités industrielles et des doublons
Hyundai-Kia, troisième groupe mondial avec 7,2 millions de ventes en 2024, progresse par une approche différente. Le groupe coréen investit dans l’électrique et l’hydrogène tout en maintenant une offre thermique compétitive. Son positionnement tarifaire, entre le premium européen et le volume japonais, lui permet de gagner des parts de marché en Europe et en Amérique du Nord.

Constructeurs chinois et exportations automobiles : la nouvelle donne mondiale
Le classement par groupes ne raconte qu’une partie de l’histoire. Depuis 2023, la Chine est devenue le premier exportateur mondial de véhicules, devant le Japon. En 2025, les exportations chinoises auraient atteint environ 7,1 millions de véhicules, en hausse de plus de 20 % sur un an.
BYD, Geely, Changan et d’autres constructeurs chinois progressent à un rythme que l’industrie européenne et japonaise n’avait pas anticipé. Leur avantage repose sur des coûts de production bas, un accès privilégié aux matières premières pour les batteries et un marché intérieur de plus d’un milliard de consommateurs qui sert de rampe de lancement.
Un défi direct pour Toyota et Volkswagen
Sur le marché chinois lui-même, Toyota a vu ses ventes reculer d’environ 7 % en 2024, pénalisé par la concurrence locale sur les prix. Volkswagen subit la même pression. Les constructeurs chinois captent une part croissante du marché mondial, et la question n’est plus de savoir si un groupe chinois entrera dans le top 3, mais quand.
Toyota a réagi en prévoyant la construction d’une usine de voitures électriques près de Shanghai, signe que le groupe adapte sa stratégie pour ne pas perdre le terrain chinois. Cette décision illustre un changement de posture : le leader mondial ne peut plus se contenter de l’hybride face à des marchés qui basculent vers l’électrique pur.
Classement des plus grands constructeurs automobiles en 2024-2025
| Rang | Groupe | Ventes 2024 (millions) | Tendance 2025 |
|---|---|---|---|
| 1 | Toyota | 10,8 | Hausse (environ 11,3 M) |
| 2 | Volkswagen | ~9 | Stable ou léger recul |
| 3 | Hyundai-Kia | 7,2 | Progression modérée |
Le numéro 1 mondial de l’automobile reste Toyota, pour la sixième année consécutive. Sa position repose moins sur l’innovation électrique que sur une maîtrise industrielle et un pari hybride qui, pour l’instant, lui donne raison en volumes. La montée rapide des constructeurs chinois à l’export constitue la variable la plus susceptible de redistribuer les cartes dans les prochaines années.